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Une verrière pour la faïencerie de Bourg-joly

Écrit par Patricia Hager   
Samedi, 26 Février 2011 15:23

 

 

Début 2009, une nou­velle page d’his­toire com­mence avec la re­prise par B. Denis, né à Fon­taine-Da­niel (53) et E. Le Calvez, d'ori­gine bre­tonne.

 

 Ma­li­corne, jolie pe­tite ville sur les bords de la Sarthe a de­puis plu­sieurs siè­cles une vo­ca­tion de « Po­tiers » puis de Faïen­ciers. Le renom des Faïen­ce­ries de Ma­li­corne n’est plus à faire en France, il com­mence à s’éta­blir à l’étranger.

Il faut re­monter au XIIIe siècle pour re­trouver l’ori­gine du tra­vail de la terre ar­gi­leuse de la ré­gion de Ma­li­corne où l’on fa­brique des bri­ques et des tuiles pour la cons­truc­tion, et di­vers ob­jets cu­li­naires. Tou­te­fois, la vente et la pro­duc­tion se li­mite à la ré­gion.

C’est en 1747 qu’un dé­nommé Jean Loi­seau, an­cien Ca­pi­taine au long cours ayant tra­vaillé aux Faïen­ce­ries de Ne­vers et qui pas­sait par Ma­li­corne, est sé­duit par le site, la si­tua­tion géo­gra­phique entre Le Mans et An­gers et la ri­chesse de la ré­gion en terre ar­gi­leuse.

Il dé­cide le 2 août 1747 très exac­te­ment, de s’ins­taller à Ma­li­corne avec sa fa­mille, rue de la grande Maison. C’est la pre­mière Faïen­cerie.
Avec un cousin, Louis Loi­seau, ils se par­ta­gent le tra­vail et ou­vrent un ma­gasin. Louis Loi­seau meurt à Ma­li­corne le 1 fé­vrier 1769 où il est in­humé.

 La fa­brique pros­père, les tour­neurs ap­pa­rais­sent. De Ne­vers, Jean Loi­seau fait venir des pein­tres dont un cer­tain Pierre Ra­bigot. C’est à ce mo­ment que nous voyons ap­pa­raître le style Ne­vers. Pierre Ra­bigot ap­porte la com­po­si­tion de l’email blanc à l’étain, il ajou­tera le dessin po­ly­morphe de fleurs et d’or­ne­ments.

En 1784, L’ins­pec­teur Gé­néral des Ma­nu­fac­tures de Tours si­gnale le succès ren­contré par les faïen­ce­ries de Ma­li­corne.

Jean Loi­seau meurt le 16 oc­tobre 1785, il est in­humé au ci­me­tière de Ma­li­corne.

Jean-Louis Loi­seau son fils, prend alors la suc­ces­sion, il dé­ve­loppe l’en­tre­prise et la vend à en 1829 à Cador.

Cador main­tient et dé­ve­loppe l’im­por­tant hé­ri­tage qu’est le Ma­li­corne. La pro­duc­tion se vend bien et com­mence à être re­nommée. Cador marie sa fille à Jules Béa­trix. Le mé­tier pas­sionne ce der­nier, son ma­riage avec la fille de Mr Cador con­tribue de nou­veau au renom des Faïen­ce­ries de Ma­li­corne. Jules Béa­trix met en commun avec son beau-père, son in­tel­li­gence et son ima­gi­na­tion créa­trice. En 1857, ils ex­po­sent leurs pro­duc­tions au Mans où le jury re­marque et ap­précie le grand nombre de faïences, la va­riété, de leurs formes, le bel email, les re­cou­vres et leur élé­gance.

De son ma­riage avec Mle Cador, Jules Béa­trix à un fils qui porte le même prénom que son père. Il prend par la suite la di­rec­tion de la Faïen­cerie lorsqu’il se marie avec Mle Pel­lerin. De cette union nais­sent deux filles : l’une épouse Jules Mo­reau, l’autre Léon Pou­plard. C’est Léon Pou­plard qui suc­cède à ses beaux-pa­rents. Il agrandit en­core le renom des faïences de Ma­li­corne et se spé­cia­lise dans l’imi­ta­tion du Vieux Rouen, du Vieux Quimper, du Mous­tiers et du Co­pen­hague. De ce ma­riage, il n’y aura pas d’en­fant.

La sœur de Ma­dame Pou­plard, ma­riée à Jules Mo­reau avait acheté, en 1918, pour son fils qui porte le même prénom que son père, Jules (5 gé­né­ra­tions) une autre faïen­cerie où il fa­brique des faïences « ar­tis­ti­ques ». C’est à dire plus dé­co­ra­tives qu’uti­li­taires. Il fait pros­pérer cette en­tre­prise, et quand, après avoir animé pen­dant 60 ans la Faïen­cerie de la fa­mille, Léon Pou­plard laisse sa fa­brique à son neveu Jules Mo­reau, ce der­nier réunit les deux en­tre­prises. Il con­ti­nuera à dé­ve­lopper la fa­bri­ca­tion de co­pies de faïences des XVII et XVIII ème siè­cles.

Au­jourd’hui, ce sont ses fils qui as­su­rent la pour­suite de l’œuvre de la fa­mille.

Les mé­thodes de fa­bri­ca­tion ont peu changé, le tra­vail est es­sen­tiel­le­ment fait à la main, ce qui con­fère à notre col­lec­tion un ca­rac­tère très proche des pièces faites aux XVII où XVIII siè­cles.

En 1993, les Mo­reau cè­dent la Faïen­cerie à Jean-Pierre Fou­quet qui, avec son épouse Bri­gitte, s’ins­crira dans la tra­di­tion in­suf­flée par les Loi­seau, Ra­bigot, Cador-Bea­trix, Pou­plard et Mo­reau.

En 2007, La Faïen­cerie est ra­chetée par Thierry et Vé­ro­nique Ta­ravel. Les dif­fi­cultés fi­nan­cières ac­cen­tuées par la crise d’oc­tobre 2008 im­po­sent un arrêt de l’ac­ti­vité fin dé­cembre.